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Du mardi 13 au mercredi 14 octobre 2020
Dijon, France
Rencontres nationales de la gestion des eaux à la source Séparer, Traiter, Valoriser, Economiser

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Edito de Laurent ROY

Directeur général de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse

 

L’enjeu d’hier était de collecter toutes les eaux pour éloigner le risque sanitaire des villes. Aujourd’hui l’eau de pluie s’infiltre de moins en moins à mesure que les villes s’imperméabilisent et que les volumes d’eau qui ruissellent et qui sont collectés augmentent. Les conséquences négatives sont multiples : saturation des systèmes d’assainissement, dysfonctionnement des stations de traitement des eaux usées, pollution, inondation, artificialisation des sols…

 

Le « tout tuyau » n’est plus la réponse adaptée. Laissons l’eau pénétrer dans les sols en mettant en œuvre des techniques vertes ! Les options sont nombreuses : noues d’infiltration, jardins de pluie, cuves de récupération et réutilisation des eaux pluviales, toitures végétalisées stockantes, etc. Outre les bénéfices recueillis en matière de réduction des pollutions, ces techniques présentent d’autres avantages non négligeables : elles contribuent à la recharge de nappe, rafraîchissent les villes en été, réintroduisent la nature en ville et sont souvent moins couteuses. La gestion des eaux à la source est donc une des principales solutions pour permettre l’adaptation des territoires au changement climatique.

 

En fonction de l’objectif visé, chaque collectivité définira quelle pluie elle doit gérer, et quelles solutions elle souhaite mettre en œuvre. A l’échelle du bassin Rhône-Méditerranée, si on regarde la répartition du nombre de jours de pluie par type de pluie, on constate que 70 à 80% d’entre elles sont des « petites pluies », c’est à dire des pluies inférieures à 10mm. L’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse propose des financements jusqu’à 70% pour les projets permettant de déconnecter ces petites et moyennes pluies des réseaux unitaires. Par exemple, les collectivités en charge d’établissements d’enseignement ont récemment été encouragées par appel à projets à aménager « un coin de verdure pour la pluie » dans les cours d’écoles, de collèges et de lycées.

 

Il faut dire que l’objectif fixé par le 11ème programme d’intervention de l’agence est ambitieux : il s’agit de déconnecter au moins 400 ha de surface active sur le bassin à horizon 2024 ! Dans le contexte actuel de crise sanitaire, les capacités de financement de l’agence ont été réorientées et renforcées de manière à accélérer la réalisation de cet objectif, tout en contribuant à la relance de la commande publique. Sur les autres bassins métropolitains, les objectifs sont similaires, et le soutien des agences de l’eau tout aussi marqué.

 

 

Indiscutablement, ces défis ne pourront être relevés qu’en rapprochant les politiques publiques de l’eau et de l’urbanisme et en leur donnant un objectif commun. Mobilisons tous les acteurs d’un territoire autour de l’eau et de l’urbanisme, et renouvelons notre vision de l’urbanisation pour redonner sa place à l’eau dans la ville ! L’ambition est forte mais s’appuie sur un savoir-faire et des retours d’expérience : de nombreuses collectivités ont déjà franchi le pas en mettant en œuvre ce type de projets. Les Rencontres nationales de la gestion des eaux à la source de Dijon sont une excellente opportunité pour échanger sur ces enjeux et sur les techniques qui permettent de les appréhender. Les agences de l’eau, partenaires de cet événement, souhaitent à tous les participants d’y trouver les clés, contacts et outils nécessaires pour passer rapidement à l’action !

F.A.Q