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Du jeudi 18 au vendredi 19 novembre 2021
Lens, France
Forum National de la Gestion Durable des Eaux Pluviales

Edito de Sylvain ROBERT

Président de la Communauté d'Agglomération de Lens-Liévin

 

Danielle MITTERRAND clamait haut et fort que « sans eau, il n’y a pas de vie et, sans vie, il ne peut y avoir ni droits de l’homme ni droits des peuples ». Le sens même de cette phrase démontre que le statut de l’eau est à l’évidence un problème mondial.

 La question de l’accès à l’eau est évidemment une question qui, pour être résolue, nécessite du changement. Il faut penser la politique autrement. Cela est d’autant plus vrai et renforcé par le  dernier rapport du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur le Climat (GIEC). En effet, les sources d’eau  douce  sont  vulnérables  et  auront  à  souffrir  gravement  du  changement  climatique,  avec  de grandes répercussions sur les sociétés humaines et sur les écosystèmes.

 Et donc s’il y a un chantier sur lequel il nous faut nous pencher, c’est la question de la reconquête de l’eau, sa gestion et le maintien de sa qualité. Cette ressource naturelle. Il est de notre devoir de la protéger, de la préserver. Cela est d’autant plus vrai depuis qu’elle a été déclarée bien commun du vivant. Et pourtant, il nous a fallu du temps avant de s’interroger pour savoir si l’accès à l’eau est un droit reconnu.

 Nous savons tous que la persistance du manque d’eau potable dans le monde d’aujourd’hui est totalement inacceptable. Et pourtant, il porte encore atteinte aux conditions de vie de millions de personnes alors que le droit à l’eau et à l’assainissement est reconnu depuis 2012 par les Nations Unies comme un droit fondamental de l’Homme.

 L’eau potable est devenue au fil du temps une denrée précieuse à protéger. Mais n’oublions jamais que l’eau féconde la vie. Elle permet de cultiver, de se désaltérer, de se nourrir, de se laver. Les formes de son usage et de son partage se confondent avec celles de  la civilisation.  Toutes les cultures, du Sahel à la Chine, de la Mésopotamie aux Indiens d’Amérique l’ont célébrée, et entretiennent avec elle un rapport intime, particulier et pourtant universel. Nous savons pertinemment que des civilisations sont mortes d’avoir été privées d’eau, que cette privation ait été le fruit de circonstances climatiques particulières, d’une mauvaise gestion de la ressource.

 Cet avertissement pèse d'autant plus que le territoire de Lens-Liévin subit aujourd'hui les conséquences d'une exploitation industrielle intense, liée à l'extraction du charbon, qui vaut à la nappe phréatique du secteur d'être de mauvaise qualité. Si nous ne voulons pas, demain, que nos enfants soient confrontés au risque réel de la raréfaction des ressources en eau, il nous faut d’urgence réinventer, en tenant compte des progrès scientifiques, les connaissances et techniques héritées d’une longue expérience, d’une longue relation de l’homme à son environnement.

 Collectivement, nous avons fait de « l’eau » un axe majeur de nos politiques. Cela se traduit par des plans d’actions et des travaux conséquents pour créer les conditions d’un environnement durable avec notamment l’élaboration d’un schéma directeur de gestion des eaux pluviales, une politique de lutte contre les inondations, la mise en œuvre de contrats nouvelle génération pour fournir de façon durable une eau en quantité et qualité suffisante sans compter l’engagement pour le Renouveau du Bassin Minier qui vise à redynamiser notre territoire en faisant du grand cycle de l’eau un attrait.

 C’est donc à travers cette volonté politique que nous accueillons avec joie que nous accueillons la 8ème édition du Forum national sur la gestion durable des eaux pluviales. Un évènement qui nous pousse à agir collectivement de manière forte et concertée à l'échelle des territoires, et pour une meilleure prise en compte des grands enjeux environnementaux.

 Bon forum à toutes et tous !

F.A.Q