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Du mercredi 3 au jeudi 4 novembre 2021
Lieusaint, France
11e Assises nationales de la biodiversité

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Edito de Valérie PECRESSE

Présidente de la Région Île-de-France

 

Pour la troisième année consécutive, l’Île-de-France a l’immense plaisir d’accueillir les Assises Nationales de la Biodiversité.

Réunir tous ceux qui portent un engagement fort pour la biodiversité dans la première et aussi la plus dense région de France pourrait sembler contre-intuitif à certains commentateurs.

C’est sans doute parce qu’ils connaissent mal l’Île-de-France.

L’Île-de-France est un territoire contrasté. Contrairement aux idées reçues, avec plus de 70 % d’espaces naturels, forestiers et agricoles, elle héberge un patrimoine naturel souvent insoupçonné mais non moins foisonnant : 8 342 km de cours d’eau, environ 1 600 espèces de plantes à fleurs et de fougères, 56 espèces de mammifères, plus de 1 500 espèces de papillons de nuit…

Riche de ce capital inestimable et convaincue qu’en préservant le vivant, nous nous préservons nous-mêmes, la collectivité mène une action résolue depuis 6 ans pour remettre la Nature au cœur de son projet pour les Franciliens, leur cadre de vie, leur santé, leur bien-être et la résilience de leurs territoires.

Alors que débute ce nouveau mandat pour lequel les Franciliens m’ont renouvelé leur confiance, la Nature est plus que jamais une priorité pour construire l’avenir de notre territoire. Sous toutes ses formes, qu’il soit emblématique ou ordinaire, sauvage ou cultivé, visible ou invisible, le vivant est le maillon commun de toutes nos politiques stratégiques.

C’est une priorité parce que la Nature est plus précieuse encore à ceux qui en manquent.

 

C’est une priorité parce qu’en Île-de-France, la ville côtoie la campagne avec un front de plus en plus dur à défendre et que le « vert » y est érigé en totem.

 

Pour toutes ces raisons, nous souhaitons non seulement stopper l’érosion de la biodiversité dans notre territoire mais aussi lui rendre son droit de cité partout, en ville, comme dans les zones rurales ou périurbaines.

C’est pour cela que je porte le principe du zéro artificialisation nette (ZAN) au frontispice de notre stratégie de croissance ; c’est aussi pour cela que nous nous sommes engagés à créer 4 nouvelles Réserves Naturelles Régionales et un 5ème Parc Naturel Régional.

Ainsi, d’ici quelques mois, l’Île-de-France atteindra 34 % d’espaces protégés selon les critères de l’UICN et je m’engage également à tripler d’ici 5 ans, le nombre d’espaces protégés franciliens inscrits sur la liste verte de l’UICN.

Avec sa Stratégie Régionale pour la Biodiversité, adoptée en novembre 2019, l’Île-de-France dispose d’un cadre d’actions commun et ambitieux construit autour d’objectifs partagés avec tous les acteurs franciliens.

Nous nous sommes résolument engagés dans sa mise en œuvre et je tiens à souligner plusieurs réalisations dont nous pouvons être particulièrement fiers : le lancement du Smart Service « Ma Nature en Île-de-France » pour informer, sensibiliser et interagir avec les habitants ; l’acquisition et l’ouverture au public du Bois-Saint-Martin, écrin de nature en zone urbanisée ; le triplement des surfaces cultivées en Agriculture Biologique au cours des 6 dernières années ; la réalisation d’une trame noire ambitieuse pour la préservation de la faune nocturne ; enfin le Budget Participatif Ecologique régional, lancé à mon initiative en 2020. Il est un signal fort de la mobilisation du terrain avec déjà plus de 650 projets en faveur de la biodiversité déposés par les habitants, les associations, les communes et les départements.

A l’issue de la première COP d’Île-de-France organisée il y a un an, j’ai pris 192 engagements pour la relance verte. Planter 500 km de haies et renaturer 150 km de berges font partie de cette feuille de route.

Mais surtout nous avons lancé la révision du SDRIF et sa transformation en SDRIF-E pour intégrer les objectifs ZAN, ZEN et circulaire à la planification de l’espace régional pour les 20 prochaines années.

Nous nous sommes également engagés dans la préparation d’un grand Plan Régional d’adaptation au changement climatique dont les solutions fondées sur la Nature seront le levier central et d’un plan participatif pour la protection du petit patrimoine vivant dans les territoires.

Enfin, comme vous le savez, j’avais promis d’être la première Région du monde à candidater pour devenir membre de l’UICN si celle-ci répondait favorablement à mon vœu d’unir les forces locales à la mobilisation internationale. L’UICN a pris cette décision que je salue et nous avons délibéré une semaine plus tard dans l’hémicycle pour solliciter notre adhésion.

Je l’ai dit le 19 octobre dernier aux côtés du comité français de l’UICN réuni au siège de la Région pour cette occasion : j’invite toutes les collectivités à suivre ce chemin. La protection de la biodiversité est un enjeu mondial qui en transcende beaucoup d’autres. La mobilisation des Etats est nécessaire. Mais j’en suis convaincue, les solutions sont locales.

 

Ces 11èmes Assises nous offrent une fois encore l’opportunité de dynamiser l’émergence de ces initiatives, partout en France, grâce au partage de bonnes pratiques, à la mise en relation des acteurs et à l’intelligence collective au service de la biodiversité. 

F.A.Q